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Sport sécuritaire

« Ce qui compte le plus en sport, ce sont les gens qui y prennent part, que ce soit à titre de participants, de bénévoles, d’entraîneurs ou d’employés rémunérés. Le succès du sport, en ce qu’il aide les gens à atteindre leur potentiel, leur permet d’exploiter au maximum leur talent actuel et parvient à s’attirer de nouveaux adeptes, tient à sa capacité à placer les gens – leur sécurité, leur bien-être et leur satisfaction personnelle – au centre de ce qu’il accomplit. » Tanni Grey-Thompson, championne paralympique à 11 reprises

Nous estimons que le sport assume une obligation de soins envers ses athlètes. La santé et la sécurité de nos membres revêt la plus grande importance pour notre organisation.

AthlètesCAN a réuni un Groupe de travail sur la sécurité dans le sport afin de fournir la rétroaction essentielle des athlètes sur l’environnement sportif sécuritaire au Canada. 

En 2018-2019, ce groupe de travail a été essentiel à l’élaboration de la recherche phare Prévalence des mauvais traitements chez les athlètes, tant anciens qu’actuels, de l’équipe nationale, en partenariat avec l’équipe de recherche de l’Université de Toronto dirigée par la Dre Gretchen Kerr. Le sondage a produit un certain nombre de résultats clés qui ont alimenté le débat national sur la capacité du Canada à lutter non seulement contre l’abus, le harcèlement et la discrimination dans le sport, mais aussi contre toutes les formes de mauvais traitements.

À titre de voix collective des athlètes des équipes nationales du Canada, AthlètesCAN a veillé à ce que les athlètes fassent partie de la conversation nationale sur le sport sécuritaire qui se déroule au Canada. Au printemps 2019, l’organisme a réuni plus de 50 athlètes cumulant 400 ans d’expérience dans des grands Jeux et des championnats du monde pour discuter de l’avenir du sport sécuritaire au Canada. En deux heures seulement, ce groupe s’est entendu sur les principaux changements à apporter pour garantir un environnement sportif exempt de toute forme de mauvais traitement. Ces déclarations de consensus sur la sécurité des athlètes ont ensuite été présentées au Sommet national pour le Sport en toute sécurité, en présence des dirigeants sportifs du Canada.

Nous croyons que le sport a un devoir de diligence envers ses athlètes. La santé et la sécurité de nos membres sont de la plus haute importance pour notre organisme et nous continuerons de faire en sorte que la voix des athlètes fasse partie de l’avenir du sport sécuritaire au Canada.

Signalement

Toute partie au travail qui croit qu’elle a fait l’objet d’un comportement contraire à la présente politique peut signaler immédiatement la question à la direction générale d’AthlètesCAN. Si la partie au travail ne se sent pas à l’aise de communiquer la question à la direction générale, ou dans l’éventualité où la question concerne la direction générale, la partie au travail peut signaler l’incident à un membre du conseil d’administration. Conformément à la Déclaration de Red Deer pour la prévention du harcèlement, de l’abus et de la discrimination dans le sport, AthlètesCAN s’engage à offrir à ses membres ainsi qu’aux parties au travail l’accès à un mécanisme de tierce partie pour le signalement des incidents d’abus, de harcèlement et/ou de mauvais traitement. Ainsi, AthlètesCAN a déterminé la tierce partie indépendante suivante qui sert de point indépendant de contact à qui les membres peuvent signaler des allégations :

Gretchen Kerr, Ph.D.
Université de Toronto
65, rue St. George
Toronto (Ont.) M5S 2Z9
gretchen.kerr@utoronto.ca
647-383-9910

Ligne d’assistance sport sécuritaire

Acteurs dans l’ensemble du système sportif canadien afin que chaque participant – peu importe le sport, le niveau ou le rôle – ait une expérience sécuritaire, positive et enrichissante. Le changement de culture qui s’impose dans le milieu du sport au Canada est la responsabilité de tous et toutes. Sport Sans Abus donne accès à un large éventail de ressources, le tout étant disponible en français et en anglais

CONTACT
sport-sans-abus.ca/contact

LIGNE D’ASSISTANCE DU SPORT CANADIEN
1-888-837-7678

RESSOURCES D’URGENCE
Police locale 9-1-1

Services de crises du Canada
http://www.crisisservicescanada.ca/fr/
Gratuit 1-833-456-4566
FAIT UN SMS
45645

AUTRES RESSOURCES UTILES 

Solution Sport (AthletesCAN)
www.athletescan.ca/fr/support-legal/

Sans frais : 1-888-434-8883
Tél. : 519-661-4163
Fax : 519-661-2153
Courriel : sportsolution@athletescan.ca
Skype: Sport_Solution

Centre canadien de protection de l’enfance
https://www.protectchildren.ca/fr/
1-800-532-9135

Plan de match
(COC/CPC)
www.mygameplan.ca/about/eligibility-benefits

Jeunesse, J’écoute
www.jeunessejecoute.ca
1-800-668-6868

Ligne d’assistance du sport du Manitoba
www.sportmanitoba.ca/sport-support-line
1-877-737-9875

Respect et Sport
https://french.respectgroupinc.com/respect-in-sport/

Sport’Aide (Québec)
www.sportaide.ca/en
1-833-245-HELP (4357)

 

Étude sur la mauvais traitement dans le sport

AthlètesCAN, en partenariat avec l’Université de Toronto, a le plaisir de publier le rapport détaillé de l’étude Prévalence des mauvais traitements chez les athlètes, tant anciens qu’actuels, de l’équipe nationale.

Le sondage en ligne anonyme a été élaboré par Gretchen Kerr, PhD, Erin Willson, B.KIN et Ashley Stirling, PhD en collaboration avec AthlètesCAN, et avec le soutien de l’Université de Toronto et du gouvernement fédéral. Il a été distribué par AthlètesCAN aux membres actuels de l’équipe nationale ainsi qu’aux membres à la retraite de l’équipe nationale et qui ont quitté le sport au cours des dix dernières années.

“Tous les Canadiens et Canadiennes ont le droit de pratiquer le sport dans un environnement sécuritaire, accueillant, inclusif, éthique et respectueux, a déclaré Kirsty Duncan, Ministre des Sciences et du Sport. “Cette étude nous démontre qu’un changement de culture systémique est nécessaire pour éliminer la maltraitance, y compris la violence sexuelle, psychologique et physique, la négligence, le harcèlement, l’intimidation, l’exploitation et la discrimination. J’aimerais remercier AthlètesCAN et l’Université de Toronto d’avoir collaboré sur cette étude et de nous avoir fourni les preuves nécessaires pour prendre des décisions bien renseignées afin de rendre le sport plus sécuritaire au Canada.”

« Bien qu’il soit important de reconnaître les nombreux avantages éventuels que la participation au sport a à offrir, il est aussi important d’admettre que, pour certains athlètes, le sport représente une expérience nocive, caractérisée par différentes formes de mauvais traitements », explique la Dre Gretchen Kerr, professeure à l’Université de Toronto. « La présente étude s’est penchée sur toutes les formes de mauvais traitements, y compris la violence sexuelle, physique et psychologique, la négligence et différents types de harcèlement, d’intimidation et de traditions de bizutage. Même si jusqu’à présent, l’attention a été portée sur les expériences de violence sexuelle, les conclusions de l’étude indiquent que les athlètes subissent davantage de violence psychologique et de négligence que toute autre forme de violence. Le plus troublant, c’est que les comportements négligents et psychologiquement néfastes comme l’emploi de commentaires dégradants, menaçants et humiliants, ainsi que le refus de satisfaire à des besoins élémentaires de l’athlète comme la nourriture, l’eau et des conditions d’entraînement sécuritaires, sont acceptés comme pratiques normales dans le sport », ajoute-t-elle. « Nous n’accepterions pas ces comportements dans aucun autre milieu, alors pourquoi les athlètes doivent-ils les endurer? »

Ce sondage a vu la participation de 764 athlètes de l’équipe nationale et de 237 athlètes à la retraite; 61 % des répondants étaient des femmes. De plus, les groupes sous-représentés auto-identifiés comportaient 10 % d’athlètes racialisés; 12 % d’athlètes ayant un handicap; 2 % d’athlètes autochtones et 7 % d’athlètes LGBTQ2I+.

« Nous savons que le sport a le pouvoir d’inspirer une nation, de forger des leaders et d’unir les Canadiens », déclare Dasha Peregoudova, présidente d’AthlètesCAN. « C’est pourquoi nous revendiquons avec vigueur les changements nécessaires pour lutter contre la violence, le harcèlement et la discrimination dans le sport. Pour ceux qui ont écouté, la voix des athlètes a été dominante sur la question de la sécurité dans le sport pendant des générations. Les efforts de défense des intérêts des athlètes relativement à cette question comportaient la divulgation et le signalement des différentes formes de mauvais traitements, des recommandations et des demandes de changement ainsi que l’échange de connaissances sur les pratiques qui fonctionnent et qui ont permis aux athlètes de vivre une expérience positive », ajoute-t-elle. « Toutefois, nous n’avons pas vu d’étude centrale, indépendante, axée sur la recherche et portant sur la perspective de l’athlète sur la question de la sécurité dans le sport en plus de 20 ans. La situation a changé. Le rapport portant sur des données concrètes, recueillies auprès de 1 000 athlètes de l’équipe nationale, est indéniable. Il contribuera à renforcer la voix des athlètes dans leurs efforts pour susciter le changement d’une façon sans précédent. »

Un certain nombre de constatations clés découlent de cette enquête. Elles serviront à alimenter la conversation nationale sur la capacité du Canada à aborder non seulement la question de la violence, du harcèlement et de la discrimination dans le sport, mais aussi toutes les formes de mauvais traitements.

COMPORTEMENTS NÉFASTES

Les pourcentages de comportements néfastes les plus communs et signalés comme étant les plus fréquemment subis par les athlètes actuels et à la retraite sont les suivants : violence psychologique (17 %, 23 %); négligence (15 %, 22 %); violence sexuelle (4 %, 7 %); et violence physique (3 %, 5 %).

Parmi les athlètes actuels et à la retraite qui ont déclaré avoir vécu au moins un comportement néfaste dans chacune des catégories de mauvais traitements, le pourcentage des comportements néfastes les plus communs sont les suivants : négligence (67 %, 76 %); violence psychologique (59 %, 62 %); violence sexuelle (20 %, 21 %); et violence physique (12 %, 19 %).

« Cette étude présente un portrait de l’ampleur et de la profondeur du tort causé aux athlètes pendant qu’ils concourent pour notre pays », indique l’olympienne Erin Willson. « Il est évident que cette question dépasse le cadre de la conduite criminelle et porte sur une grande variété de comportements qui ont un impact sur le bien-être physique et mental des athlètes. En tant qu’athlètes de haute performance, nous sommes bien placés pour parler de la portée des comportements normalisés que nous avons subis dans le sport, du niveau communautaire au niveau élite, mais nous ne représentons qu’une infime partie des athlètes récréatifs et compétitifs au Canada. Si nous avons vécu des mauvais traitements tout au long de notre cheminement sportif, cette étude soulève la question de savoir combien d’autres athlètes sont victimes de mauvais traitements et qui ne sont même pas encore à ce niveau ou qui ont abandonné le sport en raison de la violence subie avant même d’arriver dans l’équipe nationale? »

DISCRIMINATION

La forme de discrimination la plus commune est la discrimination de genre, les athlètes féminines se voyant offrir moins d’occasions, de soutien et de ressources afin de progresser dans leur carrière sportive que les hommes. Parmi les athlètes auto-identifiés comme racialisés, 22 % ont subi de la discrimination liée à leur race.

« Selon les données recueillies, nous savons qu’il existe de la discrimination raciale dans le sport », affirme Neville Wright, triple olympien et membre du groupe de travail pour le sport sûr. « En raison du manque de sensibilisation et de signalement, il s’agit d’un sujet qui ne reçoit pas suffisamment d’attention ou encore qui n’est pas abordé de façon adéquate par des politiques ou de l’éducation. Le système a besoin de plus de leaders qui ont la capacité de comprendre, d’avoir de l’empathie et de composer avec cet enjeu. Nous devons favoriser le traitement équitable pour toutes les personnes qui participent à des sports et nous devons nous assurer que les groupes sous-représentés se sentent appuyés et libres de s’entraîner dans un environnement exempt de discrimination. L’éducation et une formation à la sensibilité constituent des étapes essentielles pour reconnaître et aborder la question du racisme dans le sport. Je m’engage à appuyer ce changement positif au cours des mois à venir. »

EFFETS NÉFASTES SUR LA SANTÉ

Dans toutes les catégories de mauvais traitements perpétrés à l’endroit des athlètes actuels et à la retraite, les femmes déclarent avoir été victimes de comportements nettement plus néfastes, tandis que les athlètes à la retraite ont déclaré des pourcentages plus élevés que les athlètes actuels.

Les constatations ont fait ressortir qu’il existe des liens significatifs et positifs entre toutes les formes de mauvais traitements (d’ordre psychologique, physique et sexuel et la négligence) et les effets néfastes sur la santé qui se manifestent sous forme de comportements d’automutilation, de troubles du comportement alimentaire / de l’alimentation et d’idées suicidaires.

Les données relatives aux effets néfastes sur la santé ont révélé que 15 % des athlètes actuels et 22 % des athlètes à la retraite ont des troubles du comportement alimentaire; 5 % et 6 %, respectivement, ont des comportements autodestructeurs; et 13 % des athlètes actuels, ainsi que 20 % des athlètes à la retraite, ont des idées suicidaires.

Les constatations ont aussi mis en évidence la notion selon laquelle les athlètes éprouvent des effets néfastes sur la santé longtemps après la fin de leur carrière sportive au sein de l’équipe nationale.

« Cette dernière étude vient soutenir des années de recherche sur la santé mentale des athlètes », affirme Thomas Hall, gestionnaire principal de Plan de match. « La santé mentale est l’un des piliers centraux de Plan de match, et nous reconnaissons qu’il s’agit d’un problème sérieux auquel font face de nombreux athlètes pendant et après leur carrière. Si l’on compare la situation d’aujourd’hui par rapport aux années précédentes, on constate qu’il y a davantage de programmes en place afin d’épauler les athlètes, mais nous devons continuer à travailler afin d’éliminer la stigmatisation entourant toute demande à l’aide, de sensibiliser à la santé psychologique et d’accroître les options pour les athlètes qui demandent de l’aide. Mais surtout, nous devons continuer à faire pression sur le système sportif pour qu’il reconnaisse que les athlètes représentent beaucoup plus que des potentiels de médailles. »

DIVULGATION ET SIGNALEMENT

Parmi les athlètes actuels et à la retraite qui ont subi de la violence, de l’intimidation ou de la discrimination, seulement 15 % ont signalé leurs expériences. Les athlètes ne signalent pas de problèmes ou de préoccupations à leur organisme de sport, car ils estiment que cela signifie demander à leur organisme de sport de s’incriminer, ce qui créerait un important conflit d’intérêts. À ce jour, les athlètes ne disposent d’aucune autre piste où présenter leurs préoccupations.

« Tandis que certaines personnes pourraient voir les constatations de cette étude comme négatives, elles soulignent la nature extrême des enjeux et le fait de maintenant posséder une étude à partir de laquelle travailler pour apporter des changements est en fait positif », déclare Allison Forsyth, olympienne et membre du conseil d’aministration d’AthlètesCAN. « Les athlètes signalent rarement. C’est aussi simple que ça. Ils ne sont pas à l’aide ou ne se sentent pas en sécurité pour le faire avec quiconque a un intérêt dans les résultats. J’ai signalé et le résultat n’a pas été positif. Il n’est pas facile de divulguer. Nous nous devons d’appuyer les athlètes dans ce sens – ils ont besoin d’un endroit sûr où signaler, un endroit sans conflits d’intérêt. »

Comme l’ont dit certains athlètes dans le sondage :

« En sachant qu’on peut être remplacé et que sa carrière est en jeu, on est sans cesse forcé d’ignorer les enjeux ou les mauvais traitements par peur. J’ai été témoin de chantage, d’intimidation, de favoritisme, et j’ai été la cible de violences verbale et psychologique. On nous musèle ou nous rabaisse si l’on pose des questions. J’ai peur d’être puni après avoir parlé. »

« Je n’ai jamais eu l’impression qu’il y avait quelqu’un à qui je pouvais parler des [préoccupations concernant des comportements néfastes] parce que le [sport] était ma vie et que je ne voulais pas compromettre ma carrière. »

DROITS DE LA PERSONNE

« Non seulement cette étude de prévalence trace-t-elle un tableau des expériences des athlètes, elle sert aussi de source de données de référence en fonction desquelles on peut évaluer l’impact des initiatives futures de prévention et d’intervention », explique Ashley LaBrie, directrice générale d’AthlètesCAN. « Elle souligne également l’importance de préserver les droits de la personne et le mieux-être des athlètes au Canada. Nous avons vu le mouvement des droits de la personne occuper l’avant-plan de la scène sportive en raison de la récente décision prise en vue du maintien des règlements d’admissibilité de l’IAAF pour les « athlètes présentant un trouble de la différenciation sexuelle ». D’ailleurs AthlètesCAN a joué un rôle d’intervenant à l’appui de la cause de Mme Semenya. Cela cadre bien avec les travaux que nous effectuons afin de créer un milieu sportif plus sûr et plus inclusif. »

À LIRE – Le CCES, l’ACAFS et AthlètesCAN se disent très préoccupés par la décision du TAS concernant le Règlement régissant la qualification dans la catégorie féminine de l’IAAF

« Les accommodements dans le sport n’équivalent pas au sport sûr et inclusif », affirme Kristen Worley. « Grâce à la Charte canadienne des droits et libertés, le Canada s’est déjà doté d’une politique de principe en matière de conception universelle qui s’articule autour des droits de la personne. Cette étude de prévalence nationale résume clairement les vulnérabilités inhérentes au système sportif canadien ainsi que la nécessité d’assurer la sécurité et le mieux-être de tous les athlètes, qu’ils pratiquent dans des clubs de sport locaux ou encore s’adonnent à de la compétition de haut niveau dans l’optique des droits de la personne et grâce aux valeurs qui y sont rattachées. »

RECOMMANDATIONS

Les questions ouvertes posées dans le sondage ont permis aux athlètes d’apporter des commentaires et des recommandations supplémentaires afin d’améliorer la scène actuelle.

Au nombre des recommandations en faveur de la promotion du sport sûr, mentionnons la nécessité :

  • de mettre en place un mécanisme conçu pour recevoir, étudier et trancher les plaintes qui soit indépendant des organismes directeurs de sport
  • de se pencher sur toutes les formes de mauvais traitements
  • de privilégier davantage le mieux-être holistique des athlètes
  • de mettre en œuvre des programmes d’éducation à caractère obligatoire s’adressant à tous les intervenants du système sportif
  • d’intensifier les mesures de responsabilité
  • d’assurer la disponibilité des appuis et des ressources pour les victimes de mauvais traitements
  • d’interdire les relations sexuelles et l’intimité forcée entre les athlètes et les personnes qui occupent des postes de pouvoir
  • de mener, de façon régulière, un sondage auprès des athlètes sur leurs expériences.

Ces recommandations ont permis d’orienter les récentes recommandations issues du Sommet national pour le sport sûr d’AthlètesCAN qui a eu lieu à Toronto qui regroupait 50 des meilleurs athlètes du Canada afin d’influencer la politique en matière de sport sûr.

AthlètesCAN devrait présenter les constatations de l’étude et les recommandations des athlètes lors du prochain Sommet national pour le sport sûr qui sera animé par l’Association canadienne des entraîneurs les 8 et 9 mai à Ottawa. L’événement permettra aux représentants venant de plus de 100 organismes nationaux, provinciaux/territoriaux et multisport et aux partenaires de se ressembler afin de se pencher sur le problème de la violence, du harcèlement et de la discrimination dans le sport.

LA VOIX D’AUTRES ATHLÈTES

« Tout comme les athlètes n’ayant pas de handicap, les athlètes ayant un handicap sont vulnérables aux mauvais traitements dans notre système sportif. En raison de nos handicaps et parfois de la nécessité de compter sur différentes personnes dans le sport pour nous accompagner au cours de notre entraînement quotidien et nous aider à subvenir à nos besoins fondamentaux, nous sommes légèrement plus vulnérables que nos homologues n’ayant pas de handicap au risque de mauvais traitements. Nous appuyons les recommandations issues du sondage et du Sommet, lesquelles préconisent d’établir des limites saines et appropriées entre les athlètes et le personnel de soutien qui occupe des postes de pouvoir et de mettre en place un système cohérent visant à soutenir les athlètes lorsqu’il s’agit de satisfaire aux préoccupations nécessaires pour assurer leur sécurité dans leurs milieux d’entraînement et de compétition. »

TONY WALBY, PRÉSIDENT DU CONSEIL DES ATHLÈTES DU CPC, GROUPE DE TRAVAIL SUR LE SPORT SÛR, JUDO PARALYMIPQUE

Pour la première fois, nous, comme athlètes, avons l’occasion, à titre anonyme et confidentiel et en toute indépendance de notre ONS, de divulguer les cas de mauvais traitements dans le sport. Pour être franche, il s’agit de sujets que l’on aborde rarement au sein des équipes et des organismes, parce qu’on ignore et normalise ces problèmes et comportements depuis si longtemps. Je suis tannée d’être muselée, d’avoir peur, de voir mes coéquipiers et coéquipières se faire menacer et maltraiter. Et cette expérience envahit la gamme des sports au Canada.

Nous sollicitons l’aide d’une entité externe indépendante des personnes au pouvoir qui permettent depuis si longtemps la perpétuation de ce problème. Nous revendiquons un changement du paysage culturel du sport au Canada. Nous montons sur le podium et nous pouvons y parvenir SANS pour autant compromettre la sécurité et l’éthique dans le sport. Valorisons d’abord les gens plutôt que la performance. Je crois que si nous pouvons changer la culture au plus haut niveau et collaborer avec tous les intervenants, cela aura un immense impact sur la vie de tous les Canadiens et Canadiennes qui participent au sport à tous les niveaux.

ERICA WIEBE, CHAMPIONNE OLYMPIQUE, LUTTE

Quand nous parcourions le rapport sur la prévalence des mauvais traitements lors du Sommet, cela m’a ouvert les yeux et a ouvert les yeux de tous les athlètes dans la salle. Cette étude démontre clairement la nécessité de voir les choses changer pour le mieux, pour les athlètes. Les intervenants du système se doivent d’ouvrir leurs yeux!

MERCEDES NICOLL, TRIPLE OLYMPIENNE, MEMBRE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION D’ATHLÈTESCAN, SNOWBOARD DEMI-LUNE

Des athlètes leaders s’unissent pour influencer une politique pour le sport sûr au canada

TORONTO (2 mai 2019) – Les meilleurs athlètes olympiques, paralympiques et de haute performance du Canada se sont rassemblés cette semaine à Toronto pour discuter de la façon dont il faut aborder la question de la violence, du harcèlement et de la discrimination dans le monde du sport.

L’événement était présenté par AthlètesCAN au campus University North de Deloitte, en partenariat avec Deloitte Canada et avec l’appui de Respect Group, de la Fondation Bon départ de Canadian Tire, Sport Canada, du Comité olympique canadien et du Comité paralympique canadien.

À la suite de la toute récente étude de référence sur la prévalence effectuée par l’Université de Toronto en partenariat avec AthlètesCAN qui a recueilli des données sur tous les aspects de l’expérience des athlètes en ce qui a trait à diverses formes de mauvais traitement, l’occasion de faire entendre la voix des athlètes afin de déterminer les prochaines étapes de la discussion sur un sport sûr était nécessaire plus que jamais.

« Nous sommes à la veille d’un changement de culture sans précédent dans le monde du sport canadien et j’ai l’honneur d’être associée à un groupe d’athlètes qui a motivé et appuyé ce changement », explique Dasha Peregoudova, présidente d’AthlètesCAN. « Les athlètes possèdent une quantité remarquable de connaissances et de compétences en leadership ainsi qu’une passion sans borne à mettre au profit du sport à titre d’intervenants. La voix et la perspective des athlètes devraient retentir dans toutes les discussions qui entourent la prise de décisions à savoir comment présenter le sport. »

Les athlètes, les partenaires sportifs, les spécialistes en la matière, les survivants et les défenseurs ont courageusement fait part de leurs expériences, de leurs connaissances et de leur vision pour un environnement du sport plus sûr, et ce depuis le niveau du sport communautaire jusqu’au niveau du sport de haute performance.

« Au jour 2, le rassemblement des meilleurs athlètes du Canada à l’occasion de la discussion en profondeur sur l’épidémie de la sécurité dans le sport a été très percutant », affirme Allison Forsyth, membre du conseil d’administration d’AthlètesCAN, olympienne, survivante de violence sexuelle et défenseure du sport sûr. « Ne prendre que deux heures pour s’entendre, en groupe, au sujet des changements majeurs à apporter pour assurer un environnement sportif exempt de toute forme de mauvais traitement a changé la donne. Comme athlètes, nous savons ce dont nous avons besoin et le système doit faire confiance à cela. »

Au jour 1, on a jeté les bases : on a éduqué les athlètes et les intervenants en ce qui a trait à la situation actuelle, au langage commun et aux pratiques exemplaires d’un point de vue global.

« Grâce à AthlètesCAN, j’ai été en mesure de faire part de l’expérience américaine au sujet du sport sûr », déclare Nancy Hogshead-Makar, championne olympique américaine, avocate en droit civil et fondatrice de l’organisme Champion Women. « J’ai été impressionnée par jusqu’à quel point les athlètes canadiens étaient d’accord à savoir que le système sportif actuel les a ignorés lorsqu’il s’agit de se pencher sur les problèmes changeants du monde du sport; ils sont clairement prêts pour l’arrivée de leadership. Les olympiens et paralympiens m’ont dit avoir été traités comme des pions ou des enfants plutôt que comme des adultes sophistiqués. J’ai entendu trop de récits au sujet des meilleurs athlètes du Canada qui ont été abandonnés parce qu’ils n’étaient pas suffisamment obéissants et qu’ils ne se conformaient pas ou parce qu’ils avaient montré des signes de fragilité humaine. Je leur ai raconté comment on m’a brutalement violée et comment j’ai souffert d’un TSPT incroyable, mais parce que mon université m’a aidée, plutôt que de me punir ou de m’abandonner, j’ai remporté trois médailles d’or olympique, et ce, seulement deux ans et demi plus tard », ajoute-t-elle. « Je ne pense pas que cela pourrait se produire en vertu du système sportif canadien actuel. »

Au jour 2, on s’est concentré sur l’atteinte de consensus sur l’élaboration de solutions fondées sur des preuves autour des composantes clés d’un spectre de sport sûr, notamment la détermination des comportements inacceptables; le déséquilibre des pouvoirs; l’éducation et la formation; les politiques universelles; les mécanismes et les procédures de signalement; la responsabilisation; la conformité et la mise en application; ainsi que le soutien et la compensation pour les victimes.

« Le sommet m’a permis de mieux comprendre ce que signifie la violence, la discrimination et le harcèlement dans la communauté sportive et ailleurs », dit Kaillie Humphries, double championne olympique. « Les définitions, les exemples et les récits réels que j’ai échangés et que les autres ont échangés ont été difficiles à entendre, mais le sport nous a enseigné à être forts, à surmonter les défis et à aller de l’avant. Je me suis sentie habilitée par le processus d’échange avec des personnes aux vues similaires en ce qui a trait au processus et à la planification de l’avenir. Tant que la voix des athlètes fait partie de la solution, étant donné que cet enjeu a un impact direct sur notre vie, j’ai espoir. Nous parlons de changer la culture du sport, du niveau communautaire à la haute performance, et de créer un environnement de travail positif et sûr dans lequel tous et toutes pourront s’épanouir. »

« Pour faire en sorte que les athlètes aient une voix au prochain sommet national que présente prochainement à Ottawa l’Association canadienne des entraîneurs, nous avons mis les choses au clair et avons indiqué au groupe qu’il devait élaborer des recommandations au sujet d’un code harmonisé, des relations entraîneur-athlète et de la mise en œuvre et de la responsabilisation pour un sport sûr, du début à la fin », explique Ashley LaBrie, directrice générale d’AthlètesCAN. « Ce qui est devenu très évident en raison de la vitesse à laquelle les athlètes ont été en mesure d’en arriver à un consensus autour de ces enjeux importants a été l’expérience qu’ils ont en commun ainsi que l’urgence et la motivation d’améliorer l’environnement sportif pour les prochaines générations. »

Après des discussions pertinentes qui ont compris des points de vue et des expériences personnels communs, les #AthlètesPourLeSportSûr se sont mis d’accord sur un certain nombre d’énoncés préalables qui comptent, mais sans s’y limiter, les suivants :

  1. Que toute forme de mauvais traitement* soit interdite.
  2. Pour les athlètes de plus de 18 ans :
  • Que toute relation sexuelle entre une personne en position d’autorité et un athlète soit fortement déconseillée puisqu’elle crée la perception d’un parti pris, la perception d’un conflit d’intérêt, des répercussions négative pour les autres coéquipiers et un déséquilibre des pouvoirs qui remet en question la capacité d’un athlète à donner son consentement.
  • À la mise en œuvre de ce code, toute relation sexuelle qui a été entamée entre une personne en position d’autorité et un athlète doit être divulguée et la personne en position d’autorité doit quitter l’organisme. La non-divulgation pourrait entraîner des sanctions.
  • Tout geste de représailles contre un athlète qui n’a pas consenti à des avances sexuelles ou à de la sollication ou des relations de nature sexuelle est strictement interdit et doit être sanctionné en conséquence.
  1. Qu’un organisme canadien défenseur du sport sûr (Sport sûr Canada) soit mis en place et responsable de tous les aspects du sport sûr, y compris, mais sans s’y limiter : les politiques, l’éducation et la formation, les enquêtes et les décisions ainsi que le soutien et la compensation.
  2. Que Sport sûr Canada soit un organisme indépendant de tous les autres organismes directeurs de sport.
  3. Que l’on dispose d’un code universel de conduite valide pour tous les intervenants et qui se penche sur toutes les formes de mauvais traitement et les sanctions pertinentes.
  4. Que tous les intervenants suivent un module éducatif sur le sport sûr, motivé par des normes minimales harmonisées pour faire en sorte que les intervenants soient toujours en règle.

Une liste plus complète des recommandations et un rapport détaillé seront rendus publics dans les semaines à venir. Le 8 mai 2019 à Ottawa, AthlètesCAN présentera aux intervenants du système la position collective des athlètes.

Énoncés de consensus

Les énoncés de consensus du Sommet national sur le sport sûr présenté par AthlètesCAN :

  1. Que toute forme de mauvais traitement soit interdite.
  2. Pour les athlètes de plus de 18 ans :
    • Que toute relation sexuelle entre une personne en position d’autorité et un athlète soit fortement déconseillée puisqu’elle crée la perception d’un parti pris, la perception d’un conflit d’intérêt, des répercussions négative pour les autres coéquipiers et un déséquilibre des pouvoirs qui remet en question la capacité d’un athlète à donner son consentement.
    • À la mise en œuvre de ce code, toute relation sexuelle qui a été entamée entre une personne en position d’autorité et un athlète doit être divulguée et la personne en position d’autorité doit quitter l’organisme. La non-divulgation pourrait entraîner des sanctions.
    • Tout geste de représailles contre un athlète qui n’a pas consenti à des avances sexuelles ou à de la sollication ou des relations de nature sexuelle est strictement interdit et doit être sanctionné en conséquence.
  3. Qu’un organisme canadien défenseur du sport sûr (Sport sûr Canada) soit mis en place et responsable de tous les aspects du sport sûr, y compris, mais sans s’y limiter : les politiques, l’éducation et la formation, les enquêtes et les décisions ainsi que le soutien et la compensation.
  4. Que Sport sûr Canada soit un organisme indépendant de tous les autres organismes directeurs de sport.
  5. Que l’on dispose d’un code universel de conduite valide pour tous les intervenants et qui se penche sur toutes les formes de mauvais traitement et les sanctions pertinentes.
  6. Que tous les intervenants suivent un module éducatif sur le sport sûr, motivé par des normes minimales harmonisées pour faire en sorte que les intervenants soient toujours en règle.

Les énoncés de consensus présentées au Sommet national sur la sécurité dans le sport par le Groupe de travail des organismes nationaux de sport sur la sécurité dans le sport : 

  • Compétence fédérale / provinciale : Collaborer avec les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux à l’adoption d’une approche harmonisée à la création d’un code de conduite universel.
  • Formation et sensibilisation : Développer des programmes approuvés de formation et de sensibilisation et les déployer à tous les niveaux et auprès de tous les intervenants et pratiquants. Communiquer à la population que des changements sont en cours.
  • Ressources financières : Identifier de nouvelles sources de financement pour la mise en œuvre d’initiatives de sécurité dans le sport dans les provinces et territoires.
  • Code harmonisé : Élaborer un code unique et harmonisé régissant la sécurité dans le sport au Canada qui comprend une définition mise à jour de toutes les formes de maltraitance.
  • Organisme indépendant : Charger un organisme indépendant de la mise en application du code universel.
  • Comportements interdits : Interdire les relations sexuelles entre athlètes et entraîneurs des équipes nationales, avec la possibilité d’étendre l’interdiction à d’autres situations d’autorité, l’objectif immédiat étant de protéger les athlètes dès maintenant.
  • Plan de mise en œuvre : Réaliser un état des lieux; définir un chemin critique; mettre en place un mécanisme de sensibilisation de la communauté sportive.